28.4.06
strip-

À croire qu’ensemble ça tourne vite à la foire contemporaine. Genre la FIAC à Tchernobyl.

estragon // 13:26

Etretat

Là-bas il y a les signes de l’amour, gravés un peu partout, dans la craie, entre les cailloux, arrondis par la pluie et le vent, il y a les signes imminents où l’on s’est cru si fort que l’on a eu besoin de se le voir écrit, l’amour, se perdre dans la roche. Et tout ça c’est fini maintenant, souvent… j’imagine. Se sentir immortel ou important, au moins pour un ou une je suppose, ou pour être certain d’un reste, juste un instant, dans une preuve commune. On se souvient dans la falaise, d’où on sentait déjà le vent tourner.

A douze ans je n’en savais rien et peu importe le vertige. Je crois que j’ai aimé cet endroit tout de suite parce qu’il n’avait pas de balises, parce que l’on y est entièrement libre et que personne, à aucun endroit, ne t’empêcherait de sauter. Et c’est ce qui est fascinant.

Au bord tu as presque idée de mourir et avec joie, oui je dis presque parce que c’est sur la limite que tu penches la tête, sans regret. Même pas comme un appel de la chute ou autre… tu n’as pas peur. Ni du vide, ni de la hauteur, ni du risque, ni du vent, tu t’en fous, tu t’en fous de tout tellement c’est beau, tellement tu t’en oublies. Tellement le temps survit à ton ennui. C’est une limite de rien, rien qu’une arête comestible. Combien de couches, de lignes, combien de pas à reculons quand la falaise casse, ou glisse, combien de vie et ton regard morne si à quatre heures on ne t’a pas encore crié je t’aime à tes envies… tu y avalerais tous les possibles, même celui d’un après.

La paix, la solitude, où tout ce que tu es toi-même est suffisant…

Bon. Si tu trimbales ta vie en empruntant les chemins des sauveteurs tu risques une amende. L’usurpation d’identité est punie par la loi.
Par contre jusqu’au bout, jusqu’à en disparaître, personne ne te retient. On te demande juste d’éviter le spectacle. Pas qu’on se foute de toi, mais parce que tu es grand et seulement responsable de toi. C’est tellement simple.

Je crois que la peur des autres te rend plus fort. Ou peut. Parfois. Quand tu refuses de la porter et que tu défais les remparts.

Ce n’est pas le danger qui t’appelle ; ce qui t’attire c’est le rappel de la beauté du monde parce qu’en cet instant précis tu sais que tu en fais partie et que tu y es inattaquable.
Et c’est pour voir encore en ce que tu croyais défunt, peut-être bêtement pour ne pas songer à ta place, au pouvoir, à ton destin mais regarder modestement ce qu’à tes pieds fait l’horizon que tu fermes les yeux, respires et puis souris. Le vide, sous comme en toi, ne gêne plus le fondé d’être là.

Bref. Putain, c’était cool.

polly // 08:52


26.4.06
Kennory's mails - mail 1

"Et son stylo bleu et or. putain.

il était mal en point parce que le sas était fermé et j'ai juste pris deux chaises en face à face. il ne savait pas où poser son cahier et ses papiers-pub.

Putain! Y'avait pas de table!

il m'a demandé s'il pouvait me donner des conseils, en s'excusant d'être si franc. "les numéros de téléphone sont mal présentés, bon mais à la mairie nous avons tout ce qu'il faut, nous avons des scanners", "euh oui, mais bon, là c'est pas une carte pour la pub"

...

- alors vous avez fait les beaux arts?

- ???

- ?

- ???????

- ...

- Non. J'ai besoin d'être tranquille et solitaire (réponse passe-partout), et l'école c'est pas fait pour moi.

- ah...

- mais vous avez quel âge?

- 24.

- Oh mais on dirait pas!

- ...

- et vous venez d'où?

- blablabla

- et vous êtes mariée?

- pas encore.

- va falloir y penser!

- ???

- bon et bien quand vous serez sur le guide, venez les voir, ils seront contents, au guide, et puis, il faut passer à la mairie! Ce n'est pas loin!

- hum hum.



...

...

...

...

ma seule satisfaction c'est la grimace qu'il a émise lorsqu'il a posé son bel agenda en cuir bleu clair sur le sol dégueulasse, et qu'il a failli se prendre les fils transparents avec les bouts de toile dans la tronche."

estragon // 19:19

Pantin.

Je reviens sur les égouts dans ma tête.
Ta façon de boire au tuyau et de prendre mes loupes pour des traducteurs de charme polis par le bon usage des lois.
Le travail n’est pas une règle, c’est adroit. Et tu me parles d’art avec des chiffres.
Avec des cadrans sans soleil.

Ton océan de merde à l’horizon colonial, ô Ducon. Je pose ton nom sur les feuilles, moi, ô sale fion. Le générateur de phrases a dit Joker.

Ma gueule, ton visage se torche.
Les salarriérés sont à l’heure, la cause même de ta réussite et du domptage.

C’est d’un irrespect que de différer ma mort pour ton bon emploi, ô gros pion.

T’as d’la chance que mes poches te soient impossibles, je t’étoufferais dedans.


Petits points et Larry enserré s’étalait les fesses sur le plastique noir de sa chaise. Recouvrir une chose au moins et y faire masse. Open place, empty face. La lumière dans l’oeil c’est pour les cadavres, t’entends? Pour les proies dans le noir, alors je me tais.
La Ride venait de parler de sa grand mère en disant « p’tain c’était y’a quarante ans, ‘voyez comme je viens de loin, je connais mon métier ».

Putain. Il avait dit putain devant Larry. Il avait dit putain en lui demandant du pognon, pour la société.
Il avait dit je suis.
Mais pas pour de vrai.

Le truc avec la mousse expansive c’est le bec érectile d’où jaillit la matière, celle-là même que je verrais bien enfoncée dans ton gosier.
Même les aiguilles ne sont pas transparentes.
Une porte ouverte et le bruit de la rue, La Ride ne trouvait pas de silence pour sa concentration.

How are you ? You are nothing.

Rien c’est la seule issue. Au départ c'est un truc désobéissant, et invisible. Mais on te demande d’être vivable, rien que dans l’aperçu.

Larry se lime l’uppercut.

polly // 18:22

cochon et mousse expansive

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:15)
arrivé à midi moins le quart ce matin

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:20)
un cauchemar

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:24)
avertissement et tout

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:27)
m'en branle.

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:39)
pas entendu le réveil

string dit : (14:27:44)
j'ai entendu vos messages ce matin

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:48)
anne venue me réveiller à 10h48

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:55)
quels messages ?

string dit : (14:27:55)
ouais je sais j'ai appelé anne ce matin

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:27:59)

????

string dit : (14:28:21)
anne qui me disait je sais pas koi vs vs êtes pris la tete

string dit : (14:28:42)
t’as encore fait ta tête de cochon poilu

string dit : (14:29:02)
eh ????

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:29:17)
pardon

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:29:23)
mon collègue de droite me parlait

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:29:39)
mon dieu

string dit : (14:29:51)
qu'il aille se faire mettre jusqu'aux trous de nez

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:30:08)
c'est fort possible que j'ai fait ma tête de cochon poilu (je ne m'en souviens pas) (c'est monstrueux)

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:30:14)
mon dieu mon dieu

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:30:21)
cette journée est un cauchemar

jboub n'aime plus personne, toc dit : (14:30:23)
mon dieu

estragon // 15:46


25.4.06
très très doux.

je passe plus de temps à me passer les nouveaux gants - spécial peaux sensibles - sur tout le corps qu'à me protéger le silence de la mousse qui prend.

polly // 18:04


21.4.06
Arnaqué

À mesure de cinq clics par jour sa suffocation étirait ses filets il avoisinait le syndrome de Rett son ombre avait des infarctus. Ce n’était pas pour une cause d’amour ou autre saloperie, il était lévitant à inviter des suffocants le contempler le dressing vide ses gestes jouxtant la fêlure acide des fins du jour, où il se ramassait lamentablement en boule dans son clic à chercher les failles et les photos, se recoiffant parfois de l’index au cas où un miroir. Avec l’âge sa placidité s’écorchait, il ne devenait plus qu’un âne perclu de désirs mécaniques et d’appareils narcissiques. Il restait là éventré au vent à sourire perplexe des boulons et des ferrailles s’échappaient de sa poitrine et tournaient en rictus dans les visages écarlates de la bonne bourgeoisie ambulante. On aurait pu le carrier, s’en défaire, l’anorexier, le dévitaminer, voire même le baiser, mais la jouissance la plus incertaine était de le faire s’examiner, sa maigreur haletante dans les bras plastiques, sa jugulaire sous frottis dans les néons lugubres, son carcan stérile dans les mouroirs à lampions. Son âme était devenue un clic, quand il parlait il faisait clic, il n’avait même pas la patience de s’attendre il se bernait dans les photos et les luxuriances, obèse de mondanités et de calculs pré-pubères.
On égorgeait non loin de là Ahmad Jamal et une forêt de péquenauds hantés de convoitise l’amygdale flottante parmi les pourceaux. On prenait des photos de bras écorchés et d’haleines survitaminées on s’extasiait on clapait on faisait tout comme, à se grandir se hisser puis écraser, puisque ce n’était plus que ça se grandir.
Avec ses lunettes en écaille il croyait voir un peu plus fort le monde que les autres mais il était perceptible à l’infini parce qu’il s’était enfermé dans des carrés, et même ce qui sortait de sa bouche et de ses doigts n’était que carrés post-opératoires, on creusait on fouillait pour y trouver des halètements mais il n’y avait que l’éternel ressassement de ses performances. Il gagnait des prix pour cela, pour le prix de sa subtile énormité.

Très loin de là Ahmad Jamal hurlait de démentielles séquences.

estragon // 22:00


19.4.06
Carte d'errance à bon port de plaisance

Pourtant ma salle de bain n’a pas l’ombre du sable à son chevet quand au sol à deux heures c’était bien des contours ou les restes de prime d’un énième tas d’enfants violacés par cette idée plongeuse du sexe et la science rongée de nos bons vieux manuels d’innocence turgescents.

Elle a bronzé.

« Où elle est ma baguette ? que je te brise les règles… que tu mordes dans l’ordre, qu’on se prenne sans rien ; que le jus ne soit que tes yeux crevés de soif. C’est ton sang dans ma couche qui tartine la moelle, c’est ton cœur sous mon pouce qui me tend la lueur, qui dit combien de tours je peux faire à ton corps – sans le mors. »

La jolie glaire…

Le carrelage vibre. Et tu vois cette fissure, entre les plaques de plâtre, regarde donc la courbe, comme elle te remonte les coins, comme elle te grimpe l’intérieur, vois ce qu’elle dit la hauteur, et la condensation… comment peux-on faire se fondre les portes ? on dirait que ça suinte, entre les joints.

Si c’est à marée basse qu’on constate les dégâts commis sur place, je n’ai jamais vu des gens aussi incontinents.

polly // 04:58


17.4.06
Clairefontaine et proviseur.

Ça lui échappe maintenant. Ça lui échappe un peu trop. Quand est-ce que ça vient ? Il surveille d’heure en heure, il clique le malotru. Quand est-ce que ça vient. Il redresse sa cravate surfaite sous son menton surfait et glisse une main amoniaque entre les trente-six biscuits de la fille. Tandis qu’il clique. Ça lui échappe un peu trop, son petit orgueil sous contrôle, dans sa vie y’a des ras la touffe, rats de dîners mondains et des queues de pies qui jactent. Rien de bien intéressant, constate-t-il dans son organizer minipocket à 18 000 balles. Alors il clique encore d’heure en heure, les sites ont le tournis, on le suit à la trace, sa bave un filet tendu entre deux statistiques. Il clique en moyenne toutes les deux heures, obsédé. Parce que ça lui échappe, à son autorité de dépossédé, son paternalisme de dépossédant, sa bite à trois têtes, son âme rétractile, son talent de compositeur stéréotypé à goûts avariés. Sa vie qui casse pas trois pattes à un canard, sa vie de sale type ennuyeux le meuble télé bien rangé et les vacances à la Baule. Le saumon sur la cuisse de la fille et les petits œufs de limpe sur ses seins siliconés. Elle est blonde bien sûr, et tout est un peu trop blond dans sa vie, même sa brosse à dents. Son tapis de bain ressemble à des implants fessiers. C’est pour ça qu’il suit à la trace, toutes les deux heures. La vie qui lui échappe.

Tu commences à nous brouter les bonbons, Ducon.

Lâche-nous un peu tu veux. Ou t’en auras pour ta vision décalottée.

estragon // 22:22


13.4.06

Il était né sain, vif et mort, quoique assez petit. says:
faut avoir l'esprit super rocailleux pour boire du vin
Il était né sain, vif et mort, quoique assez petit. says:
sinon t'es foutu

I am not Jarvis Cocker but I wish I was him // 22:12


11.4.06

Répands-toi contre ce mur
s'il-te-plaît
j'ai une envie furieuse de te lécher
l'intérieur de la peau
lesméandres de tes méninges
et ton sexe dégingandé

OlendelL // 21:48


2.4.06
fucker.



lame au bout des draps brille bien indécise
lame fitte parfaite l'émaciation aux traits
tirés sur tes compromis de vie surfaite
lame emmure juste le beat froisse l'air autour
lame compresse aux tempes asphyxie les tympans
ton empathie éclaboussée sur l'opacité de mes tumeurs

I am not Jarvis Cocker but I wish I was him // 23:32

...

L'autre soir elle m'a catapulté des points de suspension, j'étais hors d'état d'articuler alors je lui ai répondu par des points de supension ça m'arrangeait bien, alors elle m'a rebalancé des tas de suspensions, putain moi j'avais la gorge amère et la boule exécrable sur les poumons, alors je lui ai répondu des tas de suspensions. Et soudain je lui ai balancé un extrait. Là elle a disparu. elle a pris ça pour elle.


Ça commence à me brouter les moutons.

J'pouvais pas respirer l'aut'soir, tu comprends ?

Alors j'attendais ta suite et t'as disparu dans tes ruelles de merde. Merde avec tes lampadaires.
J'attendais ta suite. J'aime pas les hôtels, surtout les halls.

estragon // 03:15

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